« C’est à un fantastique voyage que nous invite Marcel GENAY. A bord d’aéronefs aussi précis que des insectes vus au microscope, nous appareillons vers des planètes à la fois familières et étranges autour desquelles gravitent de calmes satellites, fragiles comme des bulles de savon.

        

Ici, tout est grouillement et délire, cristallisation et genèse, passé antédiluvien et avenir de fin des mondes. C’est GAUDI dans la forêt d’Angkor, l’Egypte pharaonique et Venise baroque mêlées, tous les styles et tous les règnes s’interpénétrant : flore luxuriante en constante mutation, alliage de minéral et d’animal ; faune domestique ou sauvage, toujours bizarre et monstrueuse d’humour, issue de la préhistoire et de l’onirisme ; architecture classique et exotique, bourgeonnante de statues dans l’attente du Prince charmant ; villes endormies en gésine, dans l’expectative du déclic magique qui les animera.


Des premiers plans jusqu’aux lointains, chaque œuvre dessinée ou peinte par Marcel GENAY est donc évasion, réminiscence, reconnaissance, exploration extra-réelle. L’emploi de matériaux modernes, l’extraordinaire minutie du trait ajoutent au dépaysement, aident à passer de l’autre côté de ce miroir. Il faut suivre à la loupe les métamorphoses minutieuses, déroutantes, fascinantes de ce monde en gestation se fécondant lui-même.


Pour lui comme pour nous, l’œuvre de cet artiste qui se réserve la surprise de la création et nous communique sa délicieuse angoisse cosmique, est une aventure spirituelle. Je n’ai pas encore avancé le mot « poésie », mais est-il nécessaire de le faire ? »



Hommage de Louis GUILLAUME